Pour apprendre, avoir un coeur neuf

Pour apprendre changer résolument d'idée et avoir un coeur neuf!

Apprendre , c'est dévoiler le moi qui ne sait pas. Se débarrasser de l'orgueil, ce fardeau embarrassant, est nécessaire pour apprendre.

Il faut se décharger, s'alléger, se vider car si un récipient est plein , on ne peut plus rien y mettre.

Admettre que l'on ignore est le point de départ pour l'ouverture totale à de nouveaux apprentissages.

Après avoir répété tant de fois les mouvements, les postures, avec autant d'attention, notre corps a acquis des automatismes. Alors changer d'idées, c'est un peu comme si tout ce que nous avions appris auparavant n'aurait servi à rien. Ce serait comme les oublier, et cela voudrait dire que tous les efforts accomplis auraient été faits pour rien. En pensant ainsi, l'on continue de s'accrocher à ce que l'on sait, sans laisser de place à ce que l'on ignore.

En fait, chaque petit geste répété de nombreuses fois, a semé comme une multitude de petits points. Avec le temps, ces points se sont densifiés et ont formé des lignes ça et là. Bien entendu, au départ les lignes étaient frêles mais peu à peu elles sont devenues continues et denses.

À ce moment-là , il ne faut surtout pas réfléchir, ne pas faire intervenir l'intellect. À ce moment-là, soutenu-e par ces lignes construites au fil des répétitions et du temps, au fil des efforts et des doutes, le mouvement se transforme. Le mouvement vient de l'expérience du corps, et non de la réflexion, ni de la compréhension intellectuelle.

Ainsi, nous sommes totalement concentré-es, corps et esprit sur le moment présent, dans le vécu de l'expérience corporelle. C'est un peu comme si le corps fonctionnait seul. Changer résolument d'idées pour apprendre, c'est être conscient-e de notre ignorance, et avoir un coeur neuf, c'est être rassuré-e par notre expérience. C'est être un corps en mouvement, et non plus avoir un corps que l'on dirige dans un vouloir.

Le mouvement peut paraître saccadé dans ce temps de déstabilisation, mais l'expérience du corps vécu, du sentiment d'unité, et du moment présent, sont les ouvertures de nos grands moments d'éveil. Tout cela est sous tendu par l'effort, la persévérance, l'assiduité, la répétition, le temps, le doute, le courage qui a permis de tracer ces lignes devenues claires et nettes… pour un moment… jusqu'au moment suivant!




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